Temps, mémoire et récits sensibles : pratiques artistiques et design du réel dans les contextes contemporains

Réhabilitation des fermes coloniales et naissance de l’agritourisme en Tunisie: Genèse et évolution

Lassaâd DANDANI

Introduction

L’intérêt pour le sujet des fermes coloniales découle de plusieurs facteurs.
En tant qu’originaire de la région du Nord-Ouest de la Tunisie, j’étais,
depuis longtemps, intrigué par ce patrimoine qui date de la période du
Protectorat français et qui porte, d’ailleurs, son qualificatif. Les fermes
étaient disséminées partout et dans toutes les directions du territoire
tunisien et surtout dans la région du Nord-Ouest. Ces exploitations
constituaient pour beaucoup de Tunisiens un repère de démarcation
géographique. Pour le Protectorat français, les fermes étaient un outil et
un indice de la réussite de la colonisation rurale et agricole. Elles étaient
un modèle pour la modernisation de l’agriculture en Tunisie. C’est
pourquoi nous trouvons plusieurs catégories de fermes qui ont été édifiées
tel que la « ferme modèle », « la ferme école », « la ferme monoculture »,
« la ferme polyculture-élevage » etc.
Les tunisiens conservaient jusqu’à aujourd’hui plusieurs histoires autour
des fermes coloniales. Ces histoires retraçaient souvent les souvenirs sur la
nature des relations entre les autochtones et les colons ou les « roumis »
selon le jargon populaire. Elles relataient aussi un modèle réussi de
transformation des techniques d’exploitation de la terre et de construction
rurale. Les colons étaient pionniers dans la diffusion de la mécanisation et
la modernité. Dans plusieurs régions, les fermes coloniales constituaient
l’exemple d’un bon voisinage, voire un modèle fascinant de l’incarnation
d’un nouveau mode de vie. La mémoire des ancêtres conservait, jusqu’à
aujourd’hui, des histoires sur le monde des fermes des « roumis » qui
étaient propulseurs d’un savoir-vivre occidental dans la compagne
tunisienne.

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