La part de la presse écrite dans l’activation du scandale artistique

د.ت5 TND

Dans son Dictionnaire philosophique, Voltaire s’applique à définir le scandale comme une « grave indécence ». Si tous les historiens d’art savent à quel point cette « grave indécence » a toujours été la fidèle compagne de la création, il vaut de s’interroger sur les mutations de sa nature en liaison directe avec la naissance et le développement d’une presse critique dont les Salons de Diderot forment le seuil au XVIIIe siècle. Si dès 1552 un Holbein le Jeune, par exemple, avait scandalisé avec son Christ mort au tombeau, l’émoi suscité par son tableau n’avait guère dépassé les limites de sa paroisse ! De même qu’un peu plus tard, avec sa Vénus d’Urbin, le Titien n’avait pas agité grand-monde hors une petite partie de l’aristocratie vénitienne ! Lorsqu’au XVIIe siècle, Velásquez et Rembrandt ont provoqué incompréhension et stupeur avec la Maja nue et la Ronde de nuit, les échos désapprobateurs n’en ont pas dépassé les confins du palais ou de l’hôtel de ville ! Et même au temps des Lumières, c’est un bien faible bruit qu’ont produit, au-delà des salons parisiens, les reproches adressés par Diderot au Boucher de L’Odalisque ou au Greuze de La Cruche cassée.

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