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L’œuvre : le temps à l’œuvre

Toute œuvre d’art naît de l’imagination personnelle de son maitre créateur et de sa vision esthétique propre. L’interprétation de l’artiste des choses et des objets qui l’entourent crée son cheminement et son approche esthétique. Artistes, créateur et/ou spectateurs, nous devons prévoir d’approcher tout élément pouvant assumer un rôle plastique dans notre milieu, de manière à ce que l’œuvre d’art soit conçue et observée en tant que tel.

De nos jours, l’œuvre d’art n’est plus produite pour aboutir à un produit concret et défini. Elle est vécue : le temps de sa réalisation ne se sépare plus du temps de sa présentation.

 » Le temps s’attarde ou prend un autre rythme, et perd l’aspect linéaire de la durée pour « retrouver l’éternité »[1], comme disait RIMBAUD, dans un instant « vertical. »[2]

Dans la nouvelle conception de l’œuvre par rapport à son espace et au spectateur, les artistes du vingtième siècle choisissent une nouvelle approche qui ne se plie pas aux concepts précédemment admis et largement adoptés, aussi bien par le public que par les critiques d’arts ou par les artistes eux-mêmes. En effet, et d’un point de vue conceptuel, cette nouvelle approche met l’œuvre sur un pied d’égalité avec le lieu où elle naît et où elle s’expose, de sorte que sa valeur esthétique et artistique égalise celle de l’espace qui lui est choisi.

De plus, le spectateur constitue une partie intégrante de l’œuvre dans sa totalité. Il est invité à vivre visuellement et sensuellement, tout ce qu’il perçoit dans l’environnement d’une quelconque réalisation de l’artiste.

D’ici vient l’interposition de la photographie entre l’œuvre et le spectateur. Une interposition qui donne une autre dimension par rapport à ce que ce dernier pourrait vivre lorsqu’il se trouve directement « confronté » à la matière, à l’espace environnant et à ce qu’il provoque chez lui comme interprétation et réactions. La vision en direct de l’œuvre dans son espace lui permet une prise de conscience différente dans le sens le plus large du terme.

[1]) Roberto JUARROZ, Poésie Verticale, traduit de l’espagnol et présenté par Roger MUNIER, décembre. 2011.P.17.

[2]) Arthur Rimbaud, POÉSIES, L’éternité, pages 124-125

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